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Monographie des sites archéologiques d'Alg&rie

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Abalessa, hoggar. par tarek aziz sahed

     Le site est situé sur une colline dominant le confluent des oueds Tifirt et Abalessa, à proximité du village d’Abalessa, à 80 kilomètres au nord-ouest de Tamanrasset, se dresse le fortin de Tin Hinan, reine des Touaregs. Le monument, daté du IVe siècle avant notre ère, construit en pierre, possède un épais mur d...’enceinte (de 1,40 m à 3,70 m) et onze chambres de formes irrégulières à l’exception de celle qui renferme la sépulture de Tin Hinan. La chambre où se trouvait la sépulture est entourée d’un déambulatoire. Et tout autour du monument ont été aménagés treize petits chouchets comportant des sépultures. Le squelette de Tin Hinan, découvert en 1925, n’a pas livré tous ses secrets, au même titre que le site.

     Le monument de Tin Hinan occupe la partie supérieure d'une colline située sur la rive gauche de l'Oued Tifirt à proximité de l'oasis d'Abalessa au Hoggar dans le Sahara algérien. Ses dimensions sont de 26,25 m de grand axe, 23,75 m de petit axe et 4 m de hauteur.

     Lors de sa découverte, le monument était recouvert d’amas de grosses pierres qu'il a fallu déblayer avant d'entreprendre les fouilles. L'enceinte, régulière, était formée d'un mur en pierres sèches et certains de ces blocs étaient si volumineux que se posait la question de savoir comment leur transport au sommet de la butte s'était effectué. D'où l'hypothèse de l'œuvre de populations étrangères à la région.

     La fouille du Mausolée, unique dans le Sahara, a permis de découvrir onze salles. La plus grande avait pour mesures 6 x 7 m et la plus petite 3,50 x 2 m. Une seule porte communique avec l'extérieur.

La seule salle explorée au cours de la mission franco-américaine de 1926 renfermait le squelette de la reine Tin Hinan placé dans un caveau souterrain protégé par des dalles de pierre, ainsi qu'un somptueux mobilier archéologique dont des bijoux en or et en argent et une lampe romaine. Nous reproduisons les conclusions du docteur Leblanc, doyen de la Faculté de Médecine d'Alger qui a examiné le squelette : « On peut affirmer que le squelette est celui d'une femme de race blanche en se basant sur (etc..) L'ensemble du squelette examiné rappelle fortement le type égyptien des monuments pharaoniques, le type des hautes classes, caractérisé par la grande taille élancée, la largeur des épaules, l'étroitesse du bassin et la minceur des jambes ».

     M. Reygasse a fouillé les autres salles en 1933. Avec Émile Félix Gautier ils émettent les hypothèses suivantes : « Voilà un réduit à la fois sacré et fortifié où le mobilier atteste de très fortes influences romaines, et laisse d'ailleurs soupçonner des influences nègres. Il semble bien que ce réduit, assez spacieux pour avoir contenu des magasins, ait dû être un gite d'étapes entre la mer Méditerranée et l'Afrique noire. Influences méditerranéennes qui, nécessairement, se sont développées après l'apparition du chameau. ». Le squelette de Tin Hinan est exposé au Musée du Bardo à Alger.

Selon les traditions des Kel Ahaggar, deux femmes beraber, l’une noble, Tin Hinan, l’autre sa servante, Takamat, seraient arrivées à une époque ancienne. « La version la plus célèbre, celle du père Charles de Foucault, explique que la reine et sa servante sont venues du Maroc entre 450 et 250 avant Jésus-Christ pour s’installer à cet endroit, idéal parce qu’en hauteur, carrefour de pistes caravanières, l’eau était abondante. Mais la version la plus scientifique est bien celle de Maurice Reygasse, ancien directeur du Musée du Bardo. Après des fouilles réalisées en 1933, il avance que le site aurait été construit par un Romain chrétien, chassé par les musulmans, qui, plus tard, serait revenu au fortin. En effet, les dix salles dégagées montrent de vraies ressemblances avec les constructions romaines. » Sur le site, les chercheurs ont trouvé une pièce de monnaie à l’effigie de Constantin Le Grand mais aussi un important mobilier funéraire, composé notamment de bracelets en or et en argent, d’une petite coupe en pierre renfermant de l’ocre, des perles d’antimoine et en métal et une statuette de femme stylisée. « Cela n’enlève rien au fait que Tin Hinan ait vécu là, ajoute-t-elle, mais elle serait arrivée bien après…

     Ce site archéologique est célèbre pour le Tombeau de Tin Hinan, ancêtre mythique et reine des Touaregs. Cette femme serait arrivée dans la région de l'Ahaggar et y aurait vécu vers le IVe ou le Ve siècle après J.-C. C'est en 1925 que des archéologues découvrir près d'Abalessa un caveau dans lequel ils trouvèrent un squelette appartenant à une femme, ainsi que son mobilier. Ils attribuèrent le squelette à Tin Hinan.

     Aujourd'hui, le squelette de Tin Hinan est exposé au Musée du Bardo, à Alger, tandis que le monument funéraire dans lequel elle fut découverte continue à être une attraction touristique très prisée par les touristes visitant Tamanrasset.

D. Grébenart a associé à la légende de Tin-Hinam, ancêtre des Touaregs du Hoggar, le tombeau d'Abalessa est une construction où se rejoignent les influences culturelles méditerranéenne, saharienne et soudanaise. C'est un monument bâti sur le modèle des grands mausolées berbères à chambres multiples renfermant un personnage, très certainement de sexe masculin, dont l'inhumation est à la fois datée par le 14 C et par une empreinte de monnaie à l'effigie de l'empereur romain Constantin le Grand, émise entre 308 et 324 apr. J.-C. Le corps était paré de nombreux bijoux dont 15 bracelets en or et en argent. Le but de cet article est de montrer les affinités de ces bracelets avec ceux en alliage cuivreux fabriqués plus au sud autour d'Agadès, au début de l'ère chrétienne. La légende de Tin-Hinan est une création récente, 200 à 300 ans, conjoncturelle, crée par les Touaregs Kel Rela pour des raisons d'ordre politique, afin de conserver le pouvoir et leur supprématie sur tous les Kel Ahaggar. Elle est donc totalement étrangère au tombeau et au personnage qu'il contenait.

     HACHID Malika a présenté des gravures rupestres inédites figurant sur un bloc de l'enceinte du monument d'Abalessa (Ahaggar). Cette découverte entraîne des implications importantes sur la date de l'introduction du dromadaire au Sahara central, sur le peuplement de l'Ahaggar et du Sahara central, depuis les Libyens sahariens de la fin de la préhistoire jusqu'aux Sanhadja Howwara/Haggar de l'Ahaggar et Azgar du Tantanoh/Tassili, ainsi que sur le personnage d'Abalessa. Enfin, mis en regard avec l'extrême diversité du peuplement paléoberbère centre-saharien, il s'avère de plus en plus difficile d'établir des correspondances entre les inscriptions rupestres sahariennes et le cadre classiquement utilisé par la linguistique berbère, à commencer par celles dites «tifinaghs anciens» et «récents» d'Abalessa.

 

Bibliographie :

Reygasse M.,1950.- Monuments funéraires préislamiques de l'Afrique du Nord, Gouvernement Général de l'Algérie, Arts et Métiers Graphiques, Paris

Reygasse M., Gautier E. G., 1934.- Le monument de Tin Hinan (Annales de l'Académie des sciences coloniales) t. VII,

Reygasse M., 1950.- Monuments funéraires préislamiquesde l’Afrique du Nord, Paris.

Girod J., 1991.- « La mission scientifique du Hoggar ». Le Saharien, 2e trim., n° 117

Grébénart D., 1956.- « La nécropole d’Abalessa et la légende de Tin Hinan ou la fin d’un mythe ».Travaux de l’Institut de recherches sahariennes, t. XIV,

Gautier É.-F., 1961et 1965.- « La conquête du Sahara ». t. XIX, 1er et 2e semestre : « Missions Lhote au Tassili N’Ajjer» ; t. XXIV, 1er et 2e semestre

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